Foire - Frieze London 2026

Arébénor Basséne, série SIRIUS n° 3, 2026, acrylique, pigments naturels, cire, graphite et sciure de bois sur batik, 210 x 180 cm. Photo : Khalifa Hussein

Selebe Yoon a le plaisir d'annoncer sa participation à Frieze London 2026, stand F31 dans la section Focus, avec une présentation solo consacrée aux œuvres récentes d'Arébénor Basséne.

S'inspirant des systèmes de connaissances et des cosmogonies dogon, l'artiste sénégalais Arébénor Basséne transpose les mondes célestes et terrestres sur la toile. En alternant entre une vue d'ensemble et les détails microscopiques de la matière, il saisit à la fois les dimensions macro et micro du Sahel et de l'Atlantique, tout en s'inspirant de Ptolémée et du cartographe du XIIe siècle al-Idrisi pour décrire les mondes possibles sous forme de cartographies, invitant ainsi à la contemplation des origines, du voyage et des liens entre la terre et le ciel. Quant aux Dogons, l’univers recèle de multiples mondes et d’innombrables domaines stellaires ; la première et la plus précieuse des étoiles à briller est Sirius, Sigi Tolo, que Basséne invoque pour guider les spectateurs de ses œuvres, un continuum de vignettes ou de cartes imaginaires. Entremêlées aux océans ou au sable du Sahara, des silhouettes, des visages, voire des topographies émergent de la surface, progressivement construites à partir de copeaux de bois, de gomme arabique, de sable et de pigments naturels. En utilisant la gomme arabique, Basséne fait appel à un matériau au cœur du sombre passé du commerce colonial, qui reste aujourd’hui encore l’une des ressources naturelles de l’Afrique de l’Ouest. Ces cartographies, bien que presque réelles, oscillent entre lieux imaginaires et lieux existants. Dans la présentation suivante de ses œuvres, il transforme le stand en une projection, une cartographie de l’ailleurs.

«En Afrique, les connaissances astronomiques sont intimement liées aux théories sur le monde invisible, et s’inscrivent dans une tradition orale dont les origines remontent à l’Antiquité. Cela est d’autant plus vrai qu’en Afrique, il n’y a pas de frontière entre le spirituel et la science ; tout est intimement lié, les deux ne font qu’un, car tout est esprit. »

Bien avant la mise en service des premiers télescopes en 1862, les différents peuples du continent avaient hérité de leurs ancêtres des connaissances astronomiques dont l'homme moderne est incapable de percer le mystère.

Chez les Wolofs du Sénégal, Sirius est appelé SOR ou SIBASSOR. En revanche, chez les Diolas de Casamance, SIRITHIOR désigne Sirius, et ce n'est autre que le nom autochtone et authentique de la ville de Ziguinchor.

Cependant, un peu plus à l’est, notamment à Bandiagara, chez les Dogons, Sirius B est appelé PO TOLO, tandis que Sirius A est appelé SIGUI TOLO. Même si de nombreux groupes ethniques s’accordent à reconnaître que leurs origines remontent à l’Égypte antique, il est clair que la cosmogonie dogon reste l’une des plus intrigantes et des plus mystérieuses. En réalité, elle semble être la cosmogonie la plus accessible, la plus connue et la mieux comprise par rapport à l'ethnologie occidentale ou à d'autres courants anthropologiques.

Les noms que les ancêtres des Africains ont attribués aux corps célestes, aux étoiles et au cosmos ne devraient-ils pas nous inciter à nous interroger sur ce domaine méconnu ? Ces calendriers, ces cartes et ces chartes pourraient-ils être ex nihilo, c'est-à-dire des éléments tombés du ciel ? Il y a donc lieu de réfléchir à toutes ces questions qui nous brûlent les lèvres, poussant notre imagination vers des labyrinthes émotionnels et des vibrations spirituelles qui ébranlent nos préjugés ostentatoires et nos idées préconçues. »

Arébénor Basséne

Frieze Londres

14-18 octobre 2026, Regent's Park, Londres

Horaires d'ouverture

Mercredi 14 octobre : de 11 h à 19 h (sur invitation uniquement)

Jeudi 15 octobre : de 11 h à 13 h (Preview) ; de 13 h à 17 h (tout public)

Vendredi 16 octobre : de 11 h à 19 h

Samedi 17 octobre : de 11 h à 19 h

Dimanche 18 octobre : de 11 h à 18 h

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